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Il paraît que le continent africain est à la traîne. En matière de développement économique et humain, d’industrialisation. Il paraît aussi qu’il est champion en matière de pas mal de maux : insécurité, corruption, mal-gouvernance, sécheresse, famine. Ceci expliquant peut-être cela, le monde entier se bouscule à son chevet pour le soutenir, l’aider. Les organisations et les institutions financières internationales multiplient les lignes de crédit pour des projets structurants, des idées utiles innovantes, des routes, des écoles, des barrages, créent et annulent les dettes. Mais avant tout, l’Afrique est devenue peu à peu une formidable terre d’opportunités, surconvoitée par les pays du monde entier. Vive le multilatéral, le business Sud-Sud, et la palette incroyablement variée d’offres business qu’elle arrive à capter
La crise tunisienne semble atteindre une sorte d’apogée. Le président Kaïs Saïed n’est pas apparu pendant quelques jours fin mars, alimentant toutes sortes de rumeurs. Et soulignant surtout que depuis 2011, le pays n’a toujours pas de Cour constitutionnelle, malgré… deux Constitutions successives qui prévoient l’institution. Un blocage hautement politique (l’indépendance de la justice…) et révélateur des paralysies tunisiennes. Des opposants, des intellectuels et des journalistes sont en prison. L’autocensure revient à pas de géant dans ce pays qui a été à l’origine des printemps arabes.
Pendant que les pays riches s’écharpent pour accéder aux doses vaccinales, pendant que l’Europe se divise sous l’effet de ses égoïsmes, pendant que les Chinois et les Russes tentent d’utiliser leurs technologies vaccinales pour accroître leur influence, pendant que les États-Unis « mettent le paquet » avec une offensive à coups de milliards de dollars, l’Afrique tente de trouver une réponse à la crise du Covid-19.
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Réservé aux abonnésIl va falloir apprendre à vivre avec le Covid19, à l’affaiblir progressivement, avant de pouvoir le ratatiner. Le seul chemin possible pour mener cette bataille, pour vaincre, c’est la vaccination. Et la vaccination pour tous. Il ne suffira pas de protéger les riches, les États-Unis, l’Europe, une partie de l’Asie pour s’en sortir. Il faudra vacciner toute la planète. Vacciner près de 8 milliards d’humains. Un effort homérique, la tâche d’une génération.
Il va falloir apprendre à vivre avec le Covid19, à l’affaiblir progressivement, avant de pouvoir le ratatiner. Le seul chemin possible pour mener cette bataille, pour vaincre, c’est la vaccination. Et la vaccination pour tous. Il ne suffira pas de protéger les riches, les États-Unis, l’Europe, une partie de l’Asie pour s’en sortir. Il faudra vacciner toute la planète. Vacciner près de 8 milliards d’humains. Un effort homérique, la tâche d’une génération.
Début décembre, Time, le grand hebdomadaire américain, s’est posé la question : 2020 a-t-elle été la pire année de l’histoire ? Évidemment, le tropisme du débat est propre à cette nation de « conquérants optimistes »... Et oui, il y a nettement pire dans l’histoire du monde, des guerres (à l’échelle de la planète), des épidémies dévastatrices (la fameuse peste noire du Moyen Âge, par exemple), des famines, des astéroïdes si l’on remonte à la nuit des temps… Mais pour tous les êtres humains vivant aujourd’hui, le choc 2020 est stupéfiant. Unique. Au-delà de notre expérience. Beaucoup d’entre nous sommes des enfants de l’après-guerre justement, du baby-boom (années 1950-1960), les héritiers des indépendances aussi, d’autres sont des kids de la génération Z (celle des enfants du numérique), tous acteurs et spectateurs d’un formidable accroissement des richesses et d’un recul sans précédent de la pauvreté dans l’histoire de l’humanité.
Ce n’est pas un sujet festif. Je sais. Et c’est fait exprès. C’est aussi un thème que l’on aborde ici parfois autour du 8 mars, consacré Journée internationale des droits des femmes depuis 1911. Mais plus récemment, le 25 novembre a été déclaré Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Et en ces temps de Covid-19, où les confinements successifs ont fait exploser ces agressions à travers le monde, et notamment à domicile, il est bon de rappeler, justement entre deux agapes de fin d’année et lorsque les vœux sont à l’honneur, qu’un nombre toujours incroyable de femmes souffrent au quotidien.
Si l’Afrique apparaît souvent comme une terre d’émergence économique, elle semble comme à l’arrêt sur le plan politique, paralysée par les enjeux de pouvoir, les rigidités internes, la faiblesse du débat démocratique. Chaque élection, chaque passation se présente comme un obstacle quasi insurmontable, un stupéfiant affrontement interne. Évidemment, le pouvoir reste une lutte. On ne gagne pas les sommets sans batailler, sans convaincre, sans alliances, sans manœuvres… Mais le pouvoir pour le pouvoir ne mène nulle part, sauf à la dictature, à la « démocrature ». Et à l’échec. Il nous faut sortir de ces paradigmes anciens, vermoulus, qui nous freinent, limitent notre progrès. Il nous faut changer le politique pour aller plus vite, plus loin, répondre aux attentes de centaines de millions d’Africains.
Bon, nous vivons une période totalement dépressionnaire. C’est vrai. La pandémie de Covid-19 reprend de plus belle en Europe, ne faiblit pas ailleurs, et certains esprits chagrins menacent l’Afrique, jusque-là plutôt miraculeusement épargnée, d’une seconde vague bien plus virulente que la première… Du nord au sud, la menace islamiste, le terrorisme et ses actes barbares continuent inlassablement leur lente politique de terre brûlée. Les économies du monde entier, à la suite des divers confinements et de l’arrêt brutal des échanges, vacillent ou sont en suspens. Pas mal de pays africains sont secoués de manière récurrente par des situations politiques tendues, des manifestations et leurs répressions violentes qui paralysent la vie au quotidien, le développement, le progrès.